The End
Aujourd’hui, c’est la fin. La fin de ce blog. Je clos ici mon propos sur mon aventure anglaise. Et ce, non sans une certaine tristesse. Pourtant, cela fait maintenant trois mois que je suis rentrée, que j’ai repris ma vie française, à mille à l’heure ponctuée de grands projets.
Mais j’avais encore des choses à dire. Toute ma vie j’aurai des choses à dire sur l’Angleterre. Toute ma vie je me souviendrais. Certes, les souvenirs se feront moins précis, les visages plus flous, les sons plus lointains, cependant, ce sentiment, cette sensation, ce bonheur resteront, éternels et inébranlables. Nul ne me les volera. Cette année fut éblouissante, différente, magnifique et unique.
Je n’ai as choisis cette journée au hasard pour clore mon propos. Il y a un an, jour pour jour (bon d’accord, un an et un jour, ne chipotez pas), je prenais un avion à Roissy qui m’emmenait à East Midland Airport, instant fous, inquiétant, excitants que je vous ai déjà contés par ici.
Ma première soirée anglaise, ma première nuit. Il y a un an tout, commençait, et aujourd’hui, je me dois de tourner cette page de ma vie. Ce n’est pas une fin à proprement parler. Ce que j’ai vécu, ce que j’ai appris me grandit et m’accompagne tous les jours et me permet d’écrire un nouveau chapitre de ma vie.
Cette année ne fut pas extra-ordinaire parce que parfaite chaque jour. Non, elle fut extra-ordinaire parce que j’ai du apprendre une nouvelle partition, vivre différemment, m’adapter, aller au bout de moi, moi qui pourtant me noie dans un verre d’eau, moi qui suis une assistée de la vie, paniquée d’un rien. J’en connais certains qui m’avait dit que je n’y arriverai pas, et que la première semaine passée, je reviendrai me réfugier dans mon cocon protecteur français. Et ba non. Même pas. Je l’ai fait. N’en déplaise à certains.
Cet article ressemblera à un remerciement d’acteur venant de gagner un Oscar. Un truc qui n’intéresse personne, sauf ceux qui ont pris part à l’aventure quoi.
L’Angleterre : “Regarde, Étranger, vers cette île que la lumière bondissante révèle pour ton délice.” (W. H. Hauden, 1949)
Oui, l’Angleterre, pays que j’ai aimé tellement fort. Et que j’aime toujours d’ailleurs. Pays tellement différents de la France : chaque promenade et chaque rencontre sont sujettes à émerveillement. Et en même temps, c’est un pays dans lequel on ne se sent jamais tout à fait étranger, il est très facile de trouver sa place. L’adaptation se fait donc rapidement. C’est un pays enchanteur, je pense vous l’avoir assez prouvé au travers de mes différents récits.
A chaque fois que je disais que j’étais en Angleterre, les français me répondaient : “Ah oui, à Londres“. Pour info, l’Angleterre n’est pas Londres, et Londres n’est pas l’Angleterre. Donc, j’y suis allée une paire de fois cette année, et pourtant je ne vous en ai à peine parler (un tout petit peu par ici). Tout a déjà était dit sur le sujet. Londres est une ville géniale, mais ce n’était pas le but de mon aventure. J’ai préféré découvrir d’autres villes, les coins moins infestés de français. Car retourner à Londres constituait en fait presque un retour en France. Les gens parlent français dans le métro, les magasins, les rues…
Bref, je pense qu’en fait il n’y a pas de mots, pas d’expressions assez puissantes pour décrire mon attachement à cette contrée. I will be back!
“I don’t speak English, Sorry”
Le niveau d’anglais, je suis bien déçue… Je m’imaginais déjà parler couramment et tout comprendre, mais ce n’est pas vraiment le cas. Je ne comprends toujours pas un film ou une série en VO (surtout si c’est de l’américain, avec leur accent tout ça). Je suis souvent dépassée, et j’ai du mal à faire de longues conversations, ce qui est parfois frustrant de ne pouvoir exprimer la totalité de mes idées, après y a des embouteillages dans mon cerveau, tout ça. Car en général je comprends ce qu’il se passe autour de moi, mais sans vraiment pouvoir y prendre part.
Après, je sais que je n’ai pas mis toutes les chances de mon coté. Je lisais des livres et des magazines français, je regardais des films en français, je pensais en français. On m’avait dit : “Ça sera bon signe quand tu rêveras en anglais“, et ba, je dois avouer que je n’ai jamais rêvé en anglais. Pas une seule fois. Par contre j’ai rêvé à gauche, c’est à dire que je roulais sur la N20, et que les voies étaient inversées, à l’anglaise quoi. Mais l’anglais, non, il n’y a rien à faire, ça ne fait pas rêver, tout simplement.
Pourtant, j’ai pris des cours d’anglais (merci à Cathy et Emma de m’avoir prouver qu’on peut aller en cours d’anglais le sourire aux lèvres), où j’étais obligé de parler anglais (oui, je sais c’est un peu le principe, tout ça), et il y avait une autre approche que les cours d’anglais de l’école. Ici en France, après huit années d’anglais, je ne savais dire que “I don’t know” et “I don’t understand, I’m sorry“. La méthode traditionnelle d’apprentissage a donc été un bel échec pour moi. Et je n’aime pas l’échec. Et la façon la plus radicale d’apprendre l’anglais m’est apparue évidente : partir en immersion.
Je ne maitrise pas parfaitement la langue de Shakespeare néanmoins, je me débrouille. Mon frère m’a fait l’ultime compliment : “Mais dis donc, tu parles avec l’accent anglais“. (Je serais revenue avec un accent hongrois, je me serais peut-être inquiétée). Peut-être que les anglais ne seront pas tout a fait d’accord avec lui, mais je n’ai pas un accent français trop prononcé. Ouf. L’honneur est sauf.
Ma hantise, c’est de perdre ce que j’ai acquis à la sueur de mon front, mais ça seul l’avenir le dira.
La famille
Une très belle rencontre. Au final, une jeune fille au pair n’est rien d’autre qu’une étoile filante, partageant un instant la vie d’une famille dans un autre pays. Je ne sais pas quelle trace, quel souvenir on laisse derrière nous. En tout cas, moi j’ai emmené avec moi des bouts de cette famille (et surtout une paire de converse qui ne me quitte plus), qui m’a accueilli à bras ouverts, qui a été patiente quand je baragouinais des choses bien étrange dans une langue qui ressemblait approximativement à l’anglais, qui m’a emmené partout, bref, j’ai été pendant 9 mois, un membre à part entière de cette famille. Je souhaite à toutes les filles (et garçons aussi) au pair de tomber dans une famille comme la mienne. Jamais je ne me suis sentie à part ou en trop. Et ça, c’est cool.
Un petit mot sur les enfants. Ils m’ont beaucoup fait rire cette année. Les enfants ne réfléchissent pas comme les adultes, ils ont leur monde à eux, avec leurs priorités, leurs dieux, leurs jeux, et ils m’ont fait rentré dans cet univers. C’est difficile de se dire qu’on va devoir vivre sans eux après s’être attachée. Un de mes petit gars s’est proposé de venir en France et de me servir de GPS (oui, car si vous avez suivi les histoires de ce blog, le sens de l’orientation chez moi, ce n’est ni de l’acquis, ni de l’inné, c’est juste le néant absolu).
Et puis, un petit mot aussi sur Big Tom et Irène, des grands-parents comme tout le monde en rêve.
J’aurais encore beaucoup de choses à dire, je m’arrête ici, avant de verser dans le sentimentalisme et les larmes. I miss you!
Des maux d’amis
Quand je suis partie, j’étais entourée d’amis. De beaux cadeaux, des larmes de crocodile, un cercle soudé, de magnifiques souvenirs. Et puis, est venu le temps des reproches, des critiques, des jugements, et des larmes. Une incompréhension, une forte déception. Un pardon impossible.
Maintenant, je sais qui sont mes amis. Ceux qui m’acceptent telle je suis, ceux qui ne veulent pas faire de moi une autre. Ceux qui ne me jugent pas. Ce n’est pas la quantité qui compte, mais la qualité. Leur présence m’a été indispensable. Alors, juste merci. Surtout à mon phare, mon rocher.
Je tiens aussi à revenir deux minutes sur Ancicille, avec qui j’ai partagé beaucoup, beaucoup de moments incongrus. Un retour de 20h pour la France, un hôtel introuvable à Windsor, des jeux de pistes dans les parking pour trouver la voiture, le froid, le vent, les lits une place sans couverture, la grippe, la gastro, tous les Primark, Costa, PizzaHut et Subway d’Angleterre, bref les galères et les fous rire.
En revenant d’Angleterre, je sais ce qu’est l’amitié. Je sais ce qu’est un ami. Je sais leur valeur et leur place indispensable dans ma vie.
“Qui aurait pu s’imaginer que le temps se serait si vite écoulé, On fait le Bilan calmement en s’remémorant chaque instant”
Partir au pair est une très bonne idée. Évidemment, il faut avoir le courage de quitter sa vie pendant une année, il faut savoir s’adapter, et donc savoir faire preuve de souplesse et de patience (qui ne sont pas vraiment mes points forts, tout est une question de volonté). Après, c’est mieux quand on tombe sur une bonne famille, ce qui n’a pas été le cas pour tout le monde…
Mais, quoiqu’il en soit, c’est une expérience inoubliable qui fait grandir. Et puis, pour moi, c’était le nécessaire break après mes cinq ans d’études. Le droit me sortait des yeux. Maintenant, je peux revenir vers lui plus sereinement et même avec amour, c’est dire!
Je sais faire plein de chose, voir par ici. Toujours pas la cuisine. Ou alors les tartines au nutella avec kinder en dessert.
Merci à tout ceux qui ont suivis mes aventures avec assiduité, à ceux qui ont laissé des commentaires, à ceux qui m’ont supporté, à mes parents bien évidemment, toujours présents pour me corriger les fautes d’orthographe, à ma petite sœur que j’ai eu le plaisir de voir deux fois en Angleterre!
A très bientôt pour de nouvelles aventures sur un nouveau blog.
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